IL PLEUVAIT DES OISEAUX  

Journée Internationale de la Francophonie


À l'occasion de la Journée Internationale de la Francophonie l'Université d'Anvers accueille l'Alliance française d'Anvers avec le film Canadien 'Il pleuvait des oiseaux' de Louise Archambault. Public pris dans l'ambiance nordique et paisible du lac et des bois du Canada. Excellente interprétation des personnages par les acteurs. Représentation de l'Ambassade du Canada par Jeroen Deckmyn, attaché pour la langue française. Intro sur le livre de Jocelyne Saucier par Prof dr Mathea Simons, UA, Antwerp school of Education.

Jeroen Deckmyn (Canadese Ambassade) - Prof dr Mathea Simons (UAntwerpen)

 L'AUTEUR


Jocelyne SAUCIER – Il pleuvait des oiseaux


Nationalité : Canada

Né(e) à : Clair (Nouveau-Brunswick) , le 27/05/1948

Jocelyne Saucier est une romancière québécoise.

Jocelyne Saucier a fait des études en sciences politiques et du journalisme en région. Il pleuvait des oiseaux est son quatrième roman.


Son premier roman, La vie comme une image, finaliste au Prix du Gouverneur général, raconte un meurtre invisible sur un ton intimiste. Les héritiers de la mine, finaliste au prix France-Québec Philippe-Rossillon, est un suspense psychologique. Jeanne sur les routes, finaliste au Prix du Gouverneur général et au prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec, est une histoire d’amour impossible sur fond de Babel communiste. En 2010, Jocelyne Saucier a reçu le Prix à la création artistique du CALQ dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue.

 

Le Prix des cinq continents de la Francophonie

Elle reçoit en 2011, le Prix des cinq continents pour son quatrième roman "Il pleuvait des oiseaux" ainsi que le prix littéraire France-Québec 2012.

 

Son dernier roman a déjà reçu trois prix (Prix littéraire des collégiens, le prix Ringuet et le prix des Cinq continents).

 

Source : http://www.editionsxyz.com/auteur/73.html

 

MOTS POUR MOTS

 

Jocelyne Saucier répond à ses lecteurs : Il pleuvait des oiseaux

 

Dans le cadre de l’opération Mots pour mots, ce sont les lecteurs qui ont réalisé l`interview. Voici leurs questions :


 

Votre roman évoque les séquelles d`un grand incendie qui a ravagé le nord de l`Ontario. Cet épisode reste-t-il encore ancré dans la mémoire collective au Canada ? Pourquoi avoir choisi ce sujet ?


Les Grands Feux sont devenus la toile de fond de ce roman presque à mon insu. Il en est toujours ainsi. Je plonge dans un roman avec un petit rien qui me laisse deviner que derrière il y a un univers à découvrir. Dans le cas de Il pleuvait des oiseaux, c`est en interrogeant les motivations de ces hommes qui se retirent dans les bois que les Grands Feux se sont glissés dans le roman. L`un d`eux devenait incapable de vivre sa vie parce qu`il avait absorbé toute la souffrance des Grands Feux en errant dans les décombres fumants. J`ignorais alors que cette tragédie hanterait tout le roman. Étonnamment, à l`exception du nord de l`Ontario où ils ont valeur mythique, les Grands Feux ne sont pas connus au Canada. J`ai découvert leur existence il y a quelques années en menant une recherche pour un roman que j`écrirai peut-être un jour, peut-être jamais, qui sait.

 

 

Votre roman parle de trois êtres qui ont décidé de se retirer de la société pour vivre en autarcie dans une forêt. Vous-même, voyez-vous la société comme un vecteur de contraintes plus que de liberté et d`épanouissement ? Seriez-vous capable de tout lâcher comme le font les personnages de votre roman ?


Je ne souhaite pas voir les bois s`emplir de gens en quête d`épanouissement personnel. La vie d`ermite des bois n`est pas donnée à tout le monde. Il faut la santé, une grande force morale et une bonne connaissance de la forêt. Il faut surtout avoir un grand besoin de solitude et de liberté et un grand amour de la forêt. de mes trois ermites des bois, Charlie est le seul qui choisit cette vie pour les bonnes raisons. Les deux autres fuient, la perspective d`une maison de retraite pour l`un et les fantômes de sa vie pour l`autre. Mon espace de liberté se trouve dans l`écriture romanesque, une autre forme de solitude, qui reste cependant bien ancrée dans le réel. Je ne suis pas une femme des bois.

 

La forêt est omniprésente dans votre roman. Peut-on pour autant le ranger dans la catégorie des « Nature Writing » ? Que pensez-vous de cette littérature qui s`applique à « écrire la nature » ?


Je ne m`intéresse pas tant à la nature qu`aux gens qui y vivent, ces gens qui ontune connaissance intime de la forêt, qui connaissent les plantes sans pouvoir les nommer, savent que celle-ci réagit de telle ou telle façon, annonçant une pluie ou un automne hâtif, toutes choses qu`ils ont besoin de savoir. Vous remarquerez d`ailleurs qu`il n`y a aucun passage magnifiant la nature dans le roman. C`est simplement le cadre de vie de mes personnages. Je n`ai aucune opinion sur le « nature writing », mais je suis étonnée de l`expression anglaise, inconnue au Québec, pourtant très empreint d`anglicismes, que nous combattons cependant.

 

 

 

 

Il est assez rare de voir un roman avec des personnes âgées comme personnages principaux. Comptiez-vous dès le départ écrire un roman autour de ces êtres brisés par la vie ? Ou bien ces personnages se sont-ils peu à peu imposés à vous ?


Écrire un roman est une aventure aussi imprévisible que la vie elle-même. On ne sait pas où elle va nous mener. Dans le cas de Il pleuvait des oiseaux, je suis partie simplement de l`idée de la disparition. Mes romans précédents parlent tous de disparition. Un personnage disparaissait, laissait derrière lui une blessure, le romanse bâtissait sur cette cassure. Cette fois-ci, j`ai voulu aller du côté des disparus. le roman a d`ailleurs failli s`intituler Les grands disparus. Comme j`habite une régionenvironnée de forêt, il m`était naturel d`imaginer que ces gens qui tournent le dos à leur vie et au monde s`enfoncent dans la forêt et deviennent des ermites des bois. Ces gens étant âgés, inévitablement, j`en suis venue à m`intéresser à la vieillesse et à la mort qui est la compagne de vie de la vieillesse. Je ne savais pas que viendrait aussi l`amour. Mais il est vrai que j`ai une tendresse particulière pour les personnes âgées. Elles ont toute leur vie dans leur regard, des pensées libres d`elles-mêmes, plus rien à prouver aux autres non plus qu`à eux-mêmes. Ils n`ont que la vie, qui peut leur être enlevée à tout moment. La proximité de la mort les rend plus vibrants de vie dans leur fragilité. Je parle évidemment du grand âge.

 

 

Certains de vos lecteurs ont lu votre roman comme un conte. Comprenez-vous ce regard sur cet ouvrage ?


Il y a longtemps que je voulais écrire un roman qui ait le ton d`un conte. Je pouvais ainsi allier gravité et légèreté, aborder des sujets graves sans lourdeur. Dans le cas de Il pleuvait des oiseaux, le ton du conte vient de ces passages en italique entre les chapitres qui introduisent dans un présent intemporel un narrateur omniscient, le maître véritable du récit. Ce supra-narrateur promène son œil dans le récit et vientraconter au lecteur ce que la photographe ne saura jamais. Ces passages permettent des ellipses qui font appel à l`imaginaire du lecteur. Tout n`est pas dit, tout n`est pas écrit dans ce roman. Je laisse de larges pans narratifs à imaginer entre les voix narratives, entre les chapitres.

 


 

Que pensez-vous de la littérature québécoise contemporaine ?


Le Québec s`est bâti sa propre identité au confluent de l`influence anglo-saxonne et française dans un contexte nord-américain. de sorte qu`on a le goût des histoires et qu`on écrit dans une langue qu`on fait valser sur notre propre musique. Il en résulte une littérature qui a une texture et un souffle particuliers. Il faut voir les jeunes romanciers québécois, ce qu`ils se permettent. À suivre, vraiment.

 

 

Votre roman a été publié en 2011 au Canada et s`apprête à sortir en France. Quel regard portez-vous sur ce roman plus de deux ans après sa sortie originale ?


Je suis encore étonnée de l`accueil qui lui est fait. Ce roman, je l`ai écrit comme un autre en me souciant uniquement de le mener là où il devait aller. C`est uniquement à la toute fin que j`ai craint pour lui. Une histoire de petits vieux au fond des bois, me suis-je dit, personne ne va lire ça. Il semble que ce que j`avais cru un handicap est devenu la force résonnante de ce roman. Comme quoi, il faut écrire ce qui demande à être écrit.

 

 

Jocelyne Saucier et ses lectures.


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Je ne me souviens pas, mon désir d`écrire est trop ancien.

 

 

Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

L`histoire de l`amour de Nicole Krauss, une écriture qui allie intelligence, sensibilité et poésie sans négliger la substance romanesque.

 

 

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Les nourritures terrestres d`André Gide pour des phrases comme «Jette mon livre et quitte-moi.». J`avais 14-15 ans.

 

 

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Les Heures de Michael Cunningham, dont on a fait un film qui, fait rare, est aussi un chef-d`œuvre.

 

 

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Au dessous du volcan de Malcolm Lowry, un gouffre sur les bords duquel je me suisendue par trois fois jusqu`à la page 180, c`est là que le livre s`ouvre de lui-même, comme une invite.

 

 

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Voyage en Inde avec un grand détour, la trilogie voyageuse de Louis Gauthier, pour l`écriture au plus près de cette chose indicible, impalpable, l`angoisse.

LE FILM ‘Il pleuvait des oiseaux’



Il pleuvait des oiseaux est un long métrage québécois réalisé et scénarisé par Louise Archambault, aussi réalisatrice de Gabrielle. Adapté du roman homonyme à succès de Jocelyne Saucier, le long métrage tourné dans la Forêt Montmorency, met en vedette Andrée Lachapelle, Gilbert Sicotte, Rémy Girard, Ève Landry, Marie-Ginette Guay, Patricia Nolin, Éric Robidoux, Kenneth Welsh ainsi que Louise Portal.

 

Lors d'une entrevue à la radio, Andrée Lachapelle a 87 ans et annonce que c'est le dernier film de sa longue carrière : « C’est le dernier film que je fais. Je suis trop fatiguée, j’ai plus d’énergie. Mes enfants me chicanent en me disant que je suis encore capable. J’ai 87 ans. Il est temps pour moi de me reposer. J’ai eu une carrière remarquable. J’ai été chanceuse…4 »

 

Le 12 septembre 2019, le film inaugure le Festival de cinéma de la ville de Québec


Synopsis


Trois ermites aînés, Charlie (Gilbert Sicotte), Tom (Rémy Girard) et Boychuck (Kenneth Welsh), vivent dans la forêt de l'Abitibi, isolés du reste du monde. Leur quiétude prendra cependant fin.


D’abord, Boychuck, peintre à ses heures, trouve la mort. Ensuite, les deux ermites survivants voient arriver une jeune femme (Ève Landry), en reportage dans la région, au sujet d’un incendie de forêt ayant fait rage longtemps auparavant, et qui cherche Boychuck pour obtenir son témoignage à ce propos. À défaut de le rencontrer, elle trouvera dans son atelier des dizaines de tableaux faisant écho à sa tragique expérience liée à ces incendies, et les fera découvrir aux deux autres, qui en apprennent ainsi sur leur ami décédé.

 

 

 

Puis arrive Gertrude (Andrée Lachapelle). Elle fut internée à l'âge de 16 ans pour des motifs religieux. Gertrude veut fuir le centre psychiatrique et est amenée chez Charlie et Tom par son neveu Steve, rencontré aux funérailles de Paul, père de Steve et frère de Gertrude. Les deux ermites se rebiffent au début ; nouvelle vie, nouvelle identité, Gertrude devient Marie-Desneiges. S'ensuit une idylle amoureuse touchante et lumineuse.

 

Fiche technique


Réalisation et scénario : Louise Archambault

Productrice: Ginette Petit

Productrice exécutive: Nathalie Bissonnette

Directeur Photo: Mathieu Laverdière

Recherche de location: Rachel Daoust

Conception visuelle: Marie-Claude Gosselin

Costumes: Caroline Poirier

Coiffure: Martin Lapointe

Maquillage: Kathryn Casault

Monteur: Richard Comeau

Concepteur sonore: Sylvain Bellemare

Pays d'origine : Canada

Format : Couleurs - 35 mm

Genre : drame

Durée : 127 minutes

Dates de sortie :

Drapeau du Canada Canada : 7 septembre 2019 (Festival international du film de Toronto 2019), 13 septembre 2019 (sortie nationale)

 

 

 

 

Distribution

Andrée Lachapelle : Marie-Desneiges

Gilbert Sicotte : Charlie

Rémy Girard : Tom

Kenneth Welsh : Boychuck

Ève Landry : Rafaëlle (la photographe)

Marie-Ginette Guay : Madame Sullivan

Louise Portal : Geneviève

Patricia Nolin : Mlle Polson

Steve Laplante : Policier de la SQ (perquisition)

Éric Robidoux : Steve

Récompenses

22e gala Québec Cinéma:

meilleure interprétation féminine dans un premier rôle pour Andrée Lachapelle

meilleure interprétation masculine dans un premier rôle pour Gilbert Sicotte

prix du public